La revue

ÉDITORIAL     Musique – Thérapie – Communication n°63

MTC 63 couverture

Ce champ de coquelicots en couverture de ce numéro 63 est situé peu avant un lieu d’intervention d’une musicothérapeute… Elle en admire les couleurs et se concentre avant de rejoindre son lieu de travail.
Il est vrai que le coquelicot fut utilisé autrefois pour calmer, consoler, offrir du repos, de la tranquillité… à la veille de la période des vacances, il nous a semblé judicieux de le placer en couverture.
Cela nous permet aussi de réfléchir à notre quotidien professionnel qui, bien souvent, provoque des tensions alors qu’il nous faut être totalement disponibles pour assurer notre fonction auprès des sujets en situation de handicap.
Les trois articles de ce numéro nous permettent d’insister sur certains points à bien mettre en place. Cécile Aubert termine « Intégration scolaire, épanouissement de l’enfant ; la musicothérapie à l’école » en soulignant combien, après déjà une longue carrière en milieu scolaire, la mise en place d’ateliers de musicothérapie a nécessité (et permis) une meilleure intégration, insistant aussi sur l’évolution positive des relations avec les enseignants.
Philippe Besse (« Un silence… applications en musicothérapie ») décrit son action dans différents lieux : centre d’accueil d’urgence, enfants accompagnés au tribunal, institutions pédiatriques, institutions scolaires,Maisons d’accueil spécialisées, fonction de référent en placement familial et même accompagnement d’adolescents en séjours de rupture. Autant de lieux, autant d’actions diverses.
Leslie Cros nous propose « Un temps de répit, ou la musique au quotidien en accueil temporaire ». Ce texte nous montre clairement les difficultés qu’on peut rencontrer au début de notre travail mais, qu’avec le temps, on parvient à résoudre.
Quelle que soit la nature de l’intervention (musicothérapie proprement dite ou applications) il est fondamental que lorsqu’on est invité à intervenir dans une institution, tout le personnel soit informé de cette nouvelle activité. Cela paraît une évidence… malheureusement, ce n’est pas toujours le cas. Il est important que l’arrivée de ce nouvel intervenant ne soit pas perçue comme l’introduction dans la structure de quelqu’un qui vient « prendre la place de » ou que l’on fait venir « parce qu’on juge que je ne fais pas bien » … Alors que, précisément, nous allons travailler en pluridisciplinarité !
Il est donc tout aussi important que le musicothérapeute ait pu présenter les bases de son travail afin d’éviter les interventions malencontreuses d’un accompagnateur.
Bien entendu, de façon générale, les choses sont faites convenablement, entretien, objectifs, convention… On n’assiste plus à ce que j’avais pu voir avant que les procédures ne soient respectées, un établissement (à vocation thérapeutique, sociale et éducative…) avait lancé une activité sans même savoir de quoi il s’agissait, plaçant un stagiaire du milieu social en accompagnement dans la séance sans même avoir proposé un entretien préalable avec le musicothérapeute pour, finalement, ne même pas lire les bilans établis à chaque fin de cycle…
Peut-être faudrait-il rappeler ce que tout dernièrement lors d’une de ses visites Rolando Benenzon nous énumérait : « il faut tenter de ne pas intervenir, ne pas envahir, ne pas préjuger, ne pas étiqueter, ne pas stigmatiser… ». Il faut vraiment accepter que la séance de musicothérapie va s’appuyer sur « nouvelle situation, nouvelle perception, nouvelle prise de conscience ».

G.D.

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